Je refuse ...

Je refuse les hommes qui ne se lèvent pas, qui ne combattent pas, qui ne résistent pas, qui ne participent pas. Ce sont eux les vrais exclus, les seuls handicapés sociaux.
 
Je refuse que la solidarité ne soit que générosité et émotion, sans engagement personnel à la tâche. Il n’y a pas d’homogénéité dans l’idée de solidarité, mais il y en a dans l’action de solidarité.
 
Je refuse tout homme qui parle de pauvreté, des exclus, du chômage ou de la guerre sans s’engager physiquement soi-même sur le terrain, ou donner volontairement et régulièrement une partie concrète de ses moyens ou de ses revenus.
 
Je refuse la médiocratie de nos leaders, lorsqu’elle est le fait de mille petits comportements bien propres qui cachent, en fait, faiblesse et grande fragilité humaine. Un individu engagé est forcément un individu qui porte des blessures.
 
Je refuse d’être guidé par des leaders qui s’élisent entre eux et que je ne reconnais pas. Il perpétuent forcément un pouvoir avec contre-partie, qui les rend prisonniers de leurs charges, images et privilèges.
 
Je refuse une collectivité ou une société où il existe plusieurs niveaux de traitement des situations et des hommes pour un même fait. Cette société - là est alors malade de son image et ses responsables deviendront à leur tour, un jour ou l’autre, les victimes.
 
Je refuse une société ou une collectivité noyautée démocratiquement par les mêmes hommes ou partis ou hommes de ces partis. La vigueur naît toujours de la diversité et de la différence, même si elle s’oppose à l’unité.
 
Je refuse le jugement des hommes pour plus qu’il n’est.  Le Droit n’est pas la justice. La vraie justice est une balance dont l’un des bras mesure « le passif » et l’autre fait contre-poids de « l’actif ».
 
Je refuse tout Droit qui ne soit pas adapté à la situation de son esprit.  En ces temps complexes, le fait économique n’est souvent qu’un des aspects de l’intention.
 
Je refuse tous les discours qui ne sont pas assortis d’un engagement ferme sur le terrain. Le droit de Dire doit être assorti du devoir de Faire.
 
Je refuse que l’on accorde davantage d’importance à l’homme du fait de son statut. Un statut n’est pas un gage de bonne personnalité, de compétence ou de supériorité sur les autres. Méfions-nous des titres, un homme peut en cacher un autre.
 
Je refuse que l’on critique ou annihile une initiative, un engagement, une idée, si l’on ne peut en faire autant ou mieux. L’homme qui critique doit être sûr de lui en apportant en face d’autres réponses ou solutions. Gare à l’effet boomerang dans le cas contraire, car toute action entraîne toujours une réaction.
 
Je refuse la facilité et toute rente qui ne soit pas le fruit d’un investissement, d’un risque ou d’un combat permanent. L’Homme vraiment homme est celui qui s’expose sans crainte au regard d’autrui.  L’Homme vraiment fort, est celui qui sait prendre et assumer des risques personnels sans se plaindre.
 
Je refuse l’intégrisme qui est la forme la plus totalitaire de l’idéologie et de la religion. Dorénavant, tous ceux qui initient et conduisent la guerre ou le malheur des populations, doivent être gommés de l’histoire des hommes.

   
Didier REUTER
Lettre ouverte aux hommes du 21ème siècle
Février 1994

NB.   Didier Reuter est Président – fondateur du Journal des Professionnels (JDP) …
        Fondateur du « Markethon pour l’emploi »…
        membre fondateur de l’association Marathon TRANS-EUROPA, etc …