Le MJE et la lutte contre l’exclusion sociale :

Face aux déterminants et aux problématiques complexes qui mènent du simple mal être à la dépression et plus, chacune et chacun d’entre nous sait couver en lui cette plus value et cette ambition individuelle au service d’une utilité commune.

Familiers des réseaux alternatifs, nous connaissons bien ces fardeaux d'impuissances résignées qui laissent végéter tant de compétences frustrées. "L'exclu en rupture d'existence ne se situe plus dans un rapport d'échanges avec autrui. Il est le plus souvent seul, renfermé, inorganisé, avec son hétérogénéité propre, sans droit sur autrui puisqu'il ne représente plus d'utilité pour lui" (Jean-Baptiste Foucault – Profession et Entreprise). Or, on ne sort pas quelqu'un de l'exclusion sans sa participation, comme on ne peut pas sortir tout seul de l'exclusion et de l'enfermement. Il faut qu'un autre, un événement donne une chance pour sortir de l'unique hypothèse.

Pris dans la logique d'une telle spirale, comprendre et agir deviennent une tâche et un enjeu : contradictions, perturbations et turbulences croisées investissent tous les plans de vie. Les imbrications multiples finissent par troubler nos perceptions de la réalité. Chacun, coincé dans ses habitudes, ses méfiances ou ses drames, devient victime des habitudes, des méfiances ou des drames de l'autre. Nous ne pouvons pas sortir de cette confusion sans imaginer d'autres scénarios que ceux issus d'un système qui s'efface progressivement devant les nouvelles exigences.

Il convient donc de nous reconnaître et de nous mobiliser plus en amont pour affronter cette résignation et ce repli sur soi qui menacent nos sociétés, dépasser tous ensemble la simple compassion et le caritatif, les clichés, la propagande, nos métiers, nos cultures, nos convictions et nos certitudes. Et parce qu'aussi la misère et le désespoir se cachent de moins en moins et gagnent tous les jours du terrain, nous ne pouvons plus nous dérober. Et parce qu'encore, dans ce contexte de gâchis, de désarroi grandissant et de quête du sens, l'échec devient à la longue, collectif

D'aucuns arguent sans cessent de leurs droits, d'autres insistent sur les obligations de moyens, de résultats, de conscience … mais ne sommes-nous pas tous communément tenus à un devoir de mémoire, d'héritage, de vigilance et d'assistance … surtout si l'indifférence et la peur de l'autre nous posent problème ?

En attendant de redécouvrir les richesses égarées à travers les perplexités du monde à renaître, de redimensionner les morales du possible, du probable et de l'incertain, assumons cette spécificité citoyenne maintenant en entreprenant ensemble avec le projet MNE pour soulager les souffrances et les solitudes présentes. Requalifions cette légitimité de la générosité et notre capacité à communiquer en renouant à la source les fils délités du dialogue.

Face au tout-sécuritaire prôné de toutes parts, ne convient-il pas de privilégier les causes ? … La plus grande insécurité n’est-elle pas la privation de travail et de revenus ? … celle promise à l’espoir du non-avoir et du non-être ?… Porte ouverte à toutes les délinquances, compris l’auto-destruction des intéressés et notre complicité passive d’atteinte à la vie d’autrui.

Ne convient-il donc pas d’aller à la rencontre de ces autres que nous ne connaissons pas encore et qui construisent aussi parallèlement leur propre modèle socio-économique vers d’autres hypothèses, parce qu’ils ont aboutit de leur côté aux mêmes conclusion que nous ?… Car, comme dans toutes les guerres, des femmes et des hommes se lèvent pour résister, mais ici aussi, la complexité et la diversité des situations découragent les individualités.

 

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