Le MJE et les économies solidaire et plurielle :

Nous sommes en phase avec les changements de paradigmes et quelques comportements politiques en cours. Plus personne ne veut d'une société de marché qui écrase l'individu, mais il faut bien en tirer les conséquences pour que les moyens de l'économie solidaire soient à la hauteur des dits-enjeux. Un vrai projet de société est à construire qui ne s'enferme pas dans la croyance en la croissance ou en un renforcement exclusif des interventions de l'Etat.

Des services aux financements solidaires, des actions citoyennes à une vision plus globale de la planète, des réseaux multiples se constituent et se renforcent mutuellement en dialoguant et en coordonnant leurs actions.
Réduire l'économie solidaire à des mesures palliatives, c'est manquer les dimensions créatrices et de renouveau de la démocratie d'un tel projet. Au contraire, une économie plurielle lui laisserait une place qui renouvelle les relations sociales, et qui établit des passages entre vie privée et collective.Loin des clichés, nous n’ignorons rien des nombreuses réalisations démontrant qu'un vaste mouvement est cours.

Ce Marathon pour l’emploi particulier veut également rejoindre ce mouvement et co-construire avec cette nouvelle culture de réseaux là … Nous insistons bien, avec ce Marathon, il n'est pas pour nous question d'explorer de manière sectaire les nouveaux gisements de travail dans le Tiers secteur. Nous concevons l’économie plurielle de manière globale, en étroite adéquation avec les économies libérales et administrées, dès lors qu'elles n'ensauvagent pas les esprits en dévastant les échanges classiques, ni n'alourdissent aveuglément la dette publique tout en chargeant abusivement les entreprises.

Mais aujourd'hui le risque est là. La financiarisation de l'économie se retourne contre l'innovation et la création de richesses.  Une "marchandisation" de tous les services, voire des rapports humains, peut enfermer les sociétés dans une logique de recul des libertés individuelles et collectives.  C'est dans ce contexte menaçant que les économies solidaire et plurielles apparaissent comme un ensemble novateur qui se construit tant sur le plan de la réflexion que de l'action pour ouvrir des espaces où le partage, la coopération, l'adaptation aux besoins et aux milieux de vie des gens dominent.

Ici et là s'inventent d'autres manières de produire et en même temps d'autres façons de vivre au quotidien le rapport au travail et les conditions approfondies d'expression démocratique. En ce moment s'affirment et évoluent les cadres et les dispositifs susceptibles d'encourager les initiatives ...

Sous la pression des évènements récents et en cours, nous vivons bien les prémisses d'un changement social plus large qui modifie aujourd'hui et transformera encore plus demain notre manière d'être en relation.

Mais les mots mêmes « économie solidaire » n’ont pas la même signification en Grande-Bretagne qu’en France, elle-même en phase avec l’Allemagne, et eux-mêmes moins en avance que l’Italie … d’où la nécessité d’imposer nos visions, nos expertises et nos ingénieries si, dès le départ, nous voulons éviter la cacophonie.

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