Le MJE et le sport

Lorsqu'en 490 avant J.-C, le général Miltiade remporta sa célèbre bataille contre les Perses à Marathon, il ignorait qu'il gravait pour la postérité le nom de l'épreuve la plus emblématique du sport.

Et lorsqu'en proposant la rénovation des Jeux Olympiques, Pierre de Coubertin, fervent admirateur de la société grecque, souhaitait intégrer le sport dans une perspective plus globale, éducatrice et humaniste, il considérait que le sport n'était pas une fin en soi, mais un moyen au service d'une idée plus élevée : la formation du citoyen.

Dans le même esprit, nous prétendons calibrer l'événement sportif au service de l'emploi avec ce Marathon, même si, dans ses approches, certaines de ses méthodes s'apparentent au sport business …

Le sport au service de l'emploi naturellement en synergie avec l'existant, mais aussi tout le long de l'itinéraire européen en même synergie avec les plates-formes de développement local que nous allons initier ou renforcer, développer et pérenniser.

De la même manière, nous souhaitons nouer une collaboration fructueuse avec un tissu d’associations et d’institutions régionales, en associant tous ces présidents et entraîneurs qui animent bénévolement ces sports de masse avec constance et mérites, sans les télés pour les interviewer.

Mais si ce Marathon, aussi colossal soit-il dans sa finalité pour mieux mobiliser un entraînement participatif, n'est qu'un prétexte pour communiquer sur des expertises, des ingénieries et des pratiques d'économie plurielle, et d'enrichissement par l'échange, il témoigne aussi d'une éthique sportive basée sur quelques conventions où le sport, l'environnement et le développement durable doivent retrouver des valeurs communes en même temps que celles de l'effort et de la sueur …

A la recherche d’un consensus de partenaires, vous comprendrez également bien que ce Marathon pour l’emploi, par sa conception singulière et ses objectifs quantifiables, n'aura pas d'équivalence... et que la nature interactive des différents volets qui la composent et qui contribueront à la réussite finale ne permet pas de privilégier tel ou tel, chacun des participants ayant son rôle propre à jouer : le sport ?… le développement économique, compris alternatif ?… l’emploi ?… les affaire sociales et la solidarité ?… la lutte contre l’exclusion ?… l’intégration ?… la culture ?… le tourisme et le jumelage ?… les Affaires européennes ?… les nouvelles technologies ?… les réseaux associatifs ?… la démocratie locale ou participative ? , etc, … »

Vous remarquerez aussi que, pour faire adhérer, participer, voire enthousiasmer les populations rencontrées sur le parcours et, en accord avec nos objectifs et nos convictions, tout en préférant le principe de solidarité à celui de compétitivité, nous avons fait le pari d'une seule équipe courant en relais sous un même maillot "pour l'emploi", pour établir un record de temps à battre chaque année ... nous avons fait le choix d'animer en même temps une autre marche décalées pour qu'un maximum de participant s'engagent et accompagnent … pour faire approprier également notre message communiquant et ses développements ultérieurs, tant par les citoyens que pour impliquer les diverses Collectivités traversées, les Etats, et les Instances européennes dans un partenariat commun.

Au final trans-régional et sur de telles distances, à quoi rimerait une équipe qui prendrait plusieurs heures, voire plusieurs jours d'avance sur l'autre ou sur les autres, désintéressant les spectateurs des bords de routes ou des salons ? Par ailleurs, par la nature même de ce Marathon et de nos parcours, nous nous méfions des "gagneurs", par définition aussi, producteurs de "perdants" ...

… Enfin, nous voudrions finir d’étayer ces quelques éclairages sur le volet sportif par une note un peu plus technique, en vous rappelant les 3 théories à conjuguer pour que le sport serve à former le citoyen (évoquées par Roger Bambuck lors de l'une de ses conférences), et que nous faisons nôtre … Théories s'inscrivant bien entendu dans les considérations qui ont présidé à l'élaboration de ce projet MNE et qui intéressent respectivement le sujet, l'éducation et le lien social.

  • La théorie du sujet, consistant à mettre en évidence le sport comme contribution au développement global, corporel mais aussi mental, intellectuel et affectif des personnes qui le pratiquent.

    Le sport renforce l'identité et la personnalité des individus, les aide à devenir plus responsables en prenant en mains leurs actes et leurs destinées.

  • La théorie de l'éducation, insérant le sport dans un projet éducatif de vaste portée, avec comme principales caractéristiques, le côté éphémère de la performance et la durée de vie active très limitée d'un sportif, professionnel et amateur. Plus on développe l'excellence et plus il convient d'en penser en même temps ses après-coups.
    Le sport ne peut pas être une fin en soi, il doit favoriser l'autonomie d'un projet de vie, personnel.

  • La théorie du lien social, prenant en compte le fait que tout développement de la personne, voire du citoyen, ne prend son plein sens que dans la mesure où chacun demeure conscient des divers liens politiques, culturels, sociaux et affectifs qui le rattachent nécessairement à la communauté. Le sport n'est éducatif que dans la mesure où il peut former des citoyens responsables, c'est à dire des hommes et des femmes libres, capables d'infléchir leur destin. Il s'agit bien du champ où se retrouvent toutes les vertus qui fondent la civilisation républicaine, en particulier l'égalité.

    Il permet d'expliquer, d'intégrer toutes les composantes sociales dans leur diversité, sans hiérarchie de valeurs, pour reconstruire une collectivité ou chacun aura un rôle, une identité, une ambition au service du bien commun.

 

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